Un même tissu porté sur la tête peut porter six noms différents, selon le pays, la longueur ou la manière de le nouer. Le terme « hijab » désigne souvent, à tort, l’ensemble des voiles islamiques alors qu’il possède une signification religieuse distincte de ses variantes régionales. Les institutions publiques et certains textes de loi emploient parfois des appellations inexactes, alimentant des confusions persistantes.
Derrière chaque appellation se cachent des traditions, des contextes historiques et des nuances linguistiques ignorées par la plupart des observateurs extérieurs. Les débats récents sur la visibilité du foulard illustrent la complexité de ses usages et de ses interprétations.
Comprendre la diversité des foulards islamiques : un panorama mondial
Le foulard ne se limite pas à un simple accessoire posé sur la tête. Il traverse les frontières, épouse les époques, mute au gré des usages et des modes. Foulard en soie, foulard en coton, pashmina, keffieh : chaque modèle raconte une histoire, une origine, une identité qui dépasse la fonction première. De Paris à Téhéran, du Botswana au Ghana, le langage change mais la diversité des usages persiste : parure, marqueur social, signe d’appartenance, parfois déclaration de soi.
Pour illustrer ces multiples visages, voici quelques types de foulards emblématiques :
- Le foulard carré qu’on retrouve en Europe, synonyme de raffinement, souvent réalisé en soie ou en coton, et indissociable du monde de la mode.
- Le keffieh, tissé de coton ou de laine, profondément ancré au Proche-Orient, devenu au fil du temps un symbole d’identité.
- Le pashmina, laine précieuse venue d’Inde, réputée pour la finesse de son duvet de chèvre, portée sur les épaules ou autour de la tête.
- Le bandana, carré de coton universel, à la fois accessoire de mode et marqueur de codes vestimentaires particuliers.
En Afrique australe et occidentale, la robe africaine et le pagne se conjuguent souvent avec un foulard noué, véritable emblème pour la femme africaine au Zimbabwe, au Nigeria ou au Malawi. Dans le monde musulman, les femmes revisitent le foulard selon les époques : turban sophistiqué ou voile foulard discret, chaque style reflète une région, une génération.
Le foulard cheveux s’affranchit des genres et des contextes. Il devient accessoire de mode ou nécessité religieuse, compagnon du quotidien ou soutien lors d’un traitement médical avec le foulard chimio. Les matières ne sont pas qu’un détail : la soie brille, le coton adoucit, la laine réchauffe. Cet objet se transmet, se transforme, s’adapte. L’Europe, la France ne sont pas seules à cultiver une élégance autour du foulard : l’Iran, le Ghana, le Botswana réinventent chaque jour l’art de le porter, entre mémoire et modernité.
Quels sont les principaux types de foulards et leurs particularités ?
Explorer l’univers du foulard, c’est naviguer parmi une multitude de modèles, chacun porteur d’une histoire et d’un usage particulier. Le foulard en soie se distingue sur la scène parisienne : léger, brillant, il s’impose comme le carré chic, notamment chez Hermès où il devient une véritable icône. Sa texture glisse, attire la lumière, encadre un visage ou s’attache au poignet, tout en souplesse.
La version en coton plaît pour sa douceur et sa praticité au quotidien. Le bandana, carré de coton indémodable, oscille entre symbole culturel et accessoire tendance. Le keffieh, tissé à partir de coton ou de laine, s’impose au Proche-Orient comme un marqueur d’appartenance, avec ses motifs géométriques spécifiques. On le retrouve aussi bien noué autour du cou que simplement posé sur les épaules.
La laine donne naissance à des foulards épais, parfaits pour affronter l’hiver européen, tandis que le pashmina, laine précieuse venue de l’Himalaya, conjugue douceur et chaleur. Le foulard chimio, pensé pour celles et ceux en traitement, privilégie des matières douces, capables d’allier confort et élégance.
Voici les usages et formes les plus courants :
- Le foulard cheveux : il orne, protège, sublime la coiffure, se porte sans distinction de genre.
- Le foulard carré : classique parmi les classiques, il s’adapte à toutes les fantaisies, noué autour du cou, des cheveux ou même d’un sac.
Chaque type de foulard exprime une identité, répond à une intention ou à un contexte précis. Matière, format, façon de le porter : le vocabulaire du textile se décline sans jamais se répéter, du Zimbabwe à Paris.
Symboliques et significations : bien plus qu’un simple accessoire
Le foulard dépasse la fonction d’accessoire. Il révèle, il affirme, il transmet. Sur le continent africain, le pagne ou le foulard africain indique un statut, une occasion, une lignée. Le choix des couleurs, des motifs, la manière de nouer : chaque détail compte et raconte une histoire. Au Ghana comme au Nigeria, la coiffe en tissu portée lors des cérémonies incarne l’appartenance, la mémoire, la transmission d’une génération à l’autre.
En Europe, le foulard glisse entre les mains des élégantes ou des amateurs de belles étoffes, symbole de luxe, d’élégance. Le carré soie Hermès s’élève au rang de marqueur social, parure aussi précieuse qu’une broche. Le pashmina, quant à lui, garde la promesse d’un raffinement discret, mais solide.
Certains foulards, à l’image du keffieh, deviennent porte-voix d’un engagement, d’une appartenance, d’une résistance. Le bandana traverse les styles, oscillant entre simple outil de protection et manifeste d’expression personnelle. Il protège de la poussière, signale un groupe, ou s’affiche comme clin d’œil à une tendance.
Voici quelques dimensions qui traversent le port du foulard :
- Expression personnelle : choix des motifs, matières, volonté de se démarquer.
- Appartenance culturelle : respect des codes, ancrage dans une mémoire collective.
- Valeur symbolique : engagement, raffinement, résistance ou modestie.
Ornement, protection, manifeste, héritage : le foulard se pose en surface d’expression, outil de dialogue, signe distinctif dans la foule.
Entre perceptions, stéréotypes et réalités : regard sur la place du foulard aujourd’hui
Le foulard navigue entre les codes, s’invite sur les podiums, circule librement dans la rue. Les grandes maisons de mode, Chanel, Dior, Hermès, Versace, s’en emparent, le réinterprètent, le transforment en accessoire de distinction. Des icônes comme Grace Kelly, Audrey Hepburn, Marilyn Monroe ou Brigitte Bardot en ont fait un manifeste d’élégance. Mais la réalité va bien au-delà de ces images d’Épinal.
Le foulard, tantôt symbole de modestie, d’identité ou d’appartenance, ne se laisse jamais enfermer dans une seule définition. Il traverse les siècles, des reines de l’Égypte antique à Paris aujourd’hui. Il se porte pour la chaleur hivernale ou la lumière estivale, sur les cheveux, autour du cou, à la taille. Les stéréotypes résistent : foulard islamique, signe religieux, marqueur de genre. Pourtant, la réalité déborde ces cases.
Dans les rues européennes, le foulard réunit hommes et femmes, se décline en soie, coton, laine. Carré, écharpe, bandana ou keffieh : il multiplie les formes et les usages. Voici ce qui ressort de ses fonctions aujourd’hui :
- Accessoire de mode : affirmation d’un style, clin d’œil à la tradition ou à l’avant-garde.
- Pièce identitaire : revendication culturelle, religieuse, héritage transmis.
- Protection : barrière contre le froid, le soleil, la poussière.
Le foulard, c’est un langage silencieux. Il brouille les frontières entre Orient et Occident, entre nécessité et désir, entre usage quotidien et affirmation de soi. Il n’a pas fini de surprendre, ni de raconter tout ce qu’on ne voit pas d’un simple regard.


